Le livre personnage de l'histoire

J’aime les livres / A. Browne. - Kaléidoscope

Le narrateur de ce petit livre, chimpanzé souriant, donne de sa personne pour prouver son amour des livres, de tous genres et sur tous les thèmes. Il se met en situation pour en exprimer la diversité et la joie qu’ils procurent.

 

Arrête de lire ! / C. Gratias ; S. Serprix. - Belin

Horatio rêve de devenir un rat de bibliothèque. Mais ses parents s’agacent du temps passé à lire, toujours lire. Ils lui interdisent bientôt l’accès à sa bibliothèque ! Horatio prépare sa riposte dans le plus grand secret, avec les grands moyens : il passera à la télé pour participer à un jeu de connaissances et fera finalement la fierté de ses parents. 
Les grandes pages illustrées fourmillent de livres, de pages, de mots, de notre rat dans différentes situations de lecture ; elle expriment la passion de ce petit héros qui saura rendre la lecture contagieuse !

 

Attends ! Je veux te raconter une histoire ! / T. Willans. - Kaléidoscope

Contexte : Une technique bien connue pour détourner l’appétit des prédateurs : capter leur attention en leur racontant une histoire...
Ce qui est répété : 
- Je vais te manger. 
- Attends ! Je veux te raconter une histoire ! 
- D’accord mais dépêche-toi ! 
Emboîtement par : Classement

 

Un beau livre / C. Boujon. - Ecole des loisirs

Entre le pragmatique Ernest et le rêveur Victor, se pose la question de l’intérêt d’un livre. Ils ne se la poseront pas longtemps : devant l’intrusion d’un renard affamé, ils découvriront l’ultime intérêt du livre ! 
Un moment de lecture riche et complice entre deux frères.

 

C’est un livre / L. Smith. - Gallimard

Petit Ane est curieux, mais aussi circonspect, face à cette chose étrange : un livre. Ca va pas sur Twitter, ça marche pas en Wi-fi, çane se recharge pas... Mais qu’est ce que c’est passionnant finalement ! 
Singe qui s’est vu piquer son livre, aura au moins fait un adepte de ce petit objet tout simple mais ô combien captivant. 
Pour tous ceux qui se querellent autour de la place du numérique dans nos vies, voici qui devrait détendre l’atmosphère et réconcilier deux mondes ! Dialogues concis et illustrations espiègles, un petit bonheur que cet hommage au livre :-) (Et à l’art, en passant, avec une reproduction de Mondrian) 
Gallimard offre ici une mise en bouche animée.

 

Coco lit / D. de Monfreid. - Ecole des loisirs. - (Loulou et Cie)

Côté texte, l’idée est dans le titre : Coco lit, encore et encore. Les illustrations, elles, montrent qu’il n’est pas si simple de lire quand les amis tout autour veulent suivre l’histoire, et ce de façon insistante et collante. Coco l’éléphant multiplie les positions toujours plus improbables, bien décidé à poursuivre sa lecture, au calme. Mais les amis aussi veulent savoir la fin de l’histoire... 
La lecture, plaisir solitaire, devient ici aventure collective, pour un moment de plaisir partagé par les personnages et le lecteur, dès 2-3 ans

 

L’ écoute aux portes / C. Ponti. - Ecole des loisirs

Alors qu’il est l’heure de se mettre au lit, l’attention de Mine est retenue par un bruit de rien du tout qui l’emmène de fil en aiguille dans un univers étrange, vide et déréglé : l’histoire, l’histoire que tout le monde attend le soir, doit reprendre son cours et comme toujours chez Ponti, l’enfant possède les ressources en lui pour modifier le cours des choses. Ainsi, Mine remettra l’histoire en ordre et chaque enfant pourra retrouver le plaisir d’écouter le soir une nouvelle histoire.

 

Encore une histoire ! / T. Corderoy ; A. Edgson. - Gründ

Bébé lapin est insatiable. Toutes les histoires que lui ont lues Maman lapin, Papa lapin, grand-mère et grand-père Lapin sont épuisées. Lues et relues. Ne reste à Bébé lapin qu’a écrire sa propre histoire, « la plus longue des histoires jamais écrites ! » « Deux minutes plus tard, c’était déjà fini. » Déception... En s’inspirant des goûts de ses amis, consultés tour à tour, Bébé lapin écrit alors « la meilleur des histoires du soir jamais écrites au monde ! » 
Un récit classique aux illustrations assez tendres, intéressant dans les ruptures de rythmes. En bonus, Mon super livre, en petit format à colorier, qui reprend l’histoire de Bébé Lapin.

 

Le gros monstre qui aimait trop lire / Lili Chartrand ; Rogé ; C. Lafortune. – Dominique et Cie

Le travail de ce monstre est d’effrayer les humains qui pénètrent dans la forêt. Une fillette, assise sur un rocher avec un livre à la main, n’a aucune réaction face à son terrible cri. Un deuxième, plus terrible, la mettra enfin en fuite. Le livre abandonné sur place va intriguer, puis passionner notre monstre. Passion contagieuse puisque tous les monstres de la forêt vont être pendus aux lèvres de notre héros, oubliant d’épouvanter les humains. La forêt devient un lieu agréable pour tous et le gros monstre laisse émerger sa sensibilité, rêvant de retrouver celle qui lui a permis cette transformation... 
L’illustration est assez clémente avec les monstres mais elle est bien expressive. 
Texte attachant et sympathique, bien mis en valeur par le conteur -avec son léger accent canadien- qui assume toutes les voix. De petits signes musicaux variés indiquent quand tourner les pages. Belle lecture et musique.

 

Jour de neige / D. Chedru. - Autrement. 2013

La neige s’invite et installe la blancheur de l’hiver. Les doubles pages laissent apparaître des animaux discrets, et surtout leurs traces. Suivons-les... 
En pénétrant dans la maison, nous retrouverons tout le monde autour d’une des plus belles activités qui soient... 
Dans les scènes extérieures et intérieures, l’univers est simple et feutré, tout en harmonie.

 

Un livre m’attend quelque part / M. Dor ; A. Alemanno.- Editions Clochette. - (Le livre ami). 2013

Il y a des « milliers de livres qui existent », il y en a forcément un qui nous correspond. Un livre qui accompagne notre quotidien, nos émotions, qui nous aide à grandir et dont on se souviendra toujours. 
Les bonus de cet album qui associe le livre à un ami, est qu’il présente dans les grandes lignes le circuit du livre et propose des clins d’œil, via l’illustration aux couleurs claires, à des auteurs et livres connus.

 

Monsieur Renard à la pipiliothèque / L. Pauli ; K. Schärer. - Ane bâté éditions

On retrouve avec grand plaisir l’univers graphique de Kathrin Schärer qui excelle dans les mimiques et expressions d’animaux. Ici, Monsieur renard ne demandait qu’à satisfaire ses besoins alimentaires en la personne de Souris, mais c’est une toute autre nourriture, aussi addictive, que cette dernière va lui faire découvrir dans lapipiliothèque
Ou comment familiariser le lecteur avec les modalités de fonctionnement d’une bibliothèque et lui donner envie d’y passer sa vie !

 

L’ oiseau-livre / E. Brami ; Zaü. - Casterman. - (Les albums Duculot)

L’invitation à la lecture d’un enfant par un oiseau-livre qui l’emmène entre ses pages pour un voyage varié, riche, libre. L’enfant, séduit par toutes ces images, décide d’apprendre à lire pour "continuer à rêver et à partir".

 

Papa, maman, nos livres et moi / D. Marcotte ; J. Bisaillon. - Les 400 coups. 2013

Le livre, chez le petit narrateur, c’est une histoire de famille. Les parents, les grands-parents, les oncles et tantes, tout le monde a sa façon de lire. Des romans, des recettes de cuisine, des partitions... « En sécurité dans son hamac, ma voisine tremble face aux pirates. Moi, c’est dans un bain de mousse que j’aime me donner la frousse. » La lecture revêt tant de possibles, suscite tant d’émotions... La lecture, c’est un monde en soi, pour soi, et un univers à partager.

 

Le petit livre rouge / P. Brasseur. - Ecole des loisirs. - (Off)

Page de gauche : une assemblée de souris s’installe, dans un vrai cérémonial, pour lire une histoire. Attention ! Un livre, c’est sacré : on se lave les mains avant de l’empoigner, on en prend soin, on tourne bien les pages etc etc... 
Page de droite : l’histoire du Petit chaperon rouge quelque peu revisitée. La fillette doit amener un petit livre rouge à sa grand-mère. Oui mais en chemin, il s’avère que le livre est très pratique pour manger, s’éventer, et toutes sortes de choses moyennement recommandables... Désacralisation totale du livre. 
Deux approches radicalement différentes de l’objet livre mais un même plaisir de la double histoire qui nous est contée. Humour outrancier.

 

Polo : Mon livre ! / R. Faller. - Bayard

Une créature malotrue pique le livre de Polo. Ni une ni deux, Polo part à sa poursuite. 
BD sans paroles pour les plus jeunes qui nous emmène dans une suite d’aventures trépidantes, de rencontres inoubliables, de plaisirs variés, comme seuls les livres savent le faire !

 

Le roi de la bibliothèque / M. Knudsen ; K. Hawkes. - Gründ

Il y a des règles qui demandent à être respectées et dans cette bibliothèque, elles le seront à la lettre ! Qu’un lion entre dans les lieux et profite de l’heure du conte ne pose donc aucun problème, du moment qu’il reste calme. Dès lors, il participe à la vie de la bibliothèque pour le plus grand bonheur des enfants et de la directrice et se rend vite indispensable. 
Ce lion nous enchante, dans des situations aussi drôles que touchantes et nous embarque sans problème dans une histoire rocambolesque. Car tout devient possible au milieu des livres, même transgresser les règles d’une bibliothèque !

 

Une fois encore ! / E. Gravett. - Kaléidoscope

Bien sûr qu’il est l’heure d’aller au lit mais l’appel des livres est irrésistible. Une histoire ne suffit pas. “Encore ?” Parent dragon s’exécute une seconde fois, modifiant légèrement l’histoire. “Encore !” L’énergie de l’adulte et la longueur de l’histoire -trahissant d’ailleurs toujours plus l’impatience, de la part de l’adulte, d’aller se coucher- sont inversement proportionnelles à l’insistance du petit. Lorsque le parent, harassé, s’effondre, le petit ne répond plus de rien, foi de dragon ! 
L’intégrité physique du livre est directement menacée par le contenu de l’histoire, il ne faut pas jouer avec l’appétit de lecture !

 

Victor et l’arbre-à-livres / J.-P. Duffour. - Didier. - (Hurluberlu)

Victor le minotaure n’a plus rien à lire, vite, direction l’île magique du Grand-Arbre-à-livres. Mais là-bas, les livres ne sont pas mûres ! Victor, livre vierge entre les mains, n’a plus qu’une solution : écrire lui-même sa propre histoire.

 

La bibli des deux ânes / M. Brown ; J. Parra. - Rue du monde

Luis Soriano Bohorquez, qui parcourt les villages isolés de Colombie avec ses deux ânes pour essaimer les livres, a inspiré cette histoire. 
Ana, depuis le départ de la maîtresse, regrette de n’avoir plus de nouveaux livres à découvrir. L’arrivée du Biblioburro comble toutes ses attentes, et même davantage. Heureuse d’avoir cette perspective de découvrir toujours plus de livres, elle trouve néanmoins que leBiblioburro ne vient pas assez souvent ; pour tromper son impatience, elle découvrira le formidable pouvoir de l’écriture.

 

La bibliothécaire de Bassora : Une histoire vraie / J. Winter. - Gallimard

A l’approche de la guerre en Irak, une bibliothécaire prend l’initiative de mettre en sécurité le patrimoine livresque de son pays avec l’aide de voisins.
Une histoire vraie racontée avec des mots simples et illustrée de tableaux représentant les scènes clefs.

 

C’est quoi un bon livre / E. Parmentier ; A. Mathiot. - Grrr...Art

Casse-tête pour Lucas. On lui a suggéré une idée de cadeau pour son père : “un bon livre”. Mais encore ? C’est quoi un bon livre ? Autant de personnes sondées, autant de réponses... Tant du côté de ceux qui ne lisent pas que des lecteurs. Heureusement, Lucas tombe sur LA personne qui pourra lui venir en aide, le libraire. 
Petite histoire sympathique autour du livre qui amènera le lecteur à répondre à son tour à la question du titre.

 

Ce que lisent les animaux avant de dormir / N. Carlain ; N. Duffaut. - Sarbacane

Si vous vous imaginiez que seuls les humains aimaient lire, cet album vous prouvera le contraire. Les deux auteurs jouent sur les mots et surfent sur le champ lexical du livre et des histoires pour nous dresser un catalogue d’animaux en situation de lecture : « Les chiens achètent toujours leurs livres au marché aux puces », tandis que « Les paresseux ne listent que des pages blanches. »

 

La dame aux livres / H. Henson ; D. Small. - Syros

Style oral, abrupt. Le narrateur, Cal, envisage cette nouvelle visiteuse avec méfiance. Qu’est-ce qu’elle vient les déranger ? Avec des livres en plus ! Des “griffouillis de poules”, c’est tout ce qu’on trouve là-dedans ! 
Très bel hommage au Livre, qui transforme le visage fermé et hostile de cet ado, et aux Pack Horse Librarians, ces femmes qui sillonnaient les montagnes américaines dans les années 30 pour prêter des livres dans les coins les plus reculés.

 

Encore des questions ? L’album de l’album / Y. Fastier. - Atelier du poisson soluble

Sous la forme d’un jeu de questions réponses entre un adulte (Yann Fastier) et un groupe d’enfants, le circuit du livre est expliqué dans ses grandes étapes. Puis c’est le processus de la création qui est analysé, de l’idée en gestation au rapport texte / image, en notant l’importance du style de l’illustration et l’aspect matériel du livre. Le tout à penser dans une cohérence qui assurera l’efficacité du livre. Car les créateurs d’un album sont comme « les metteurs en scène d’un petit théâtre de papier ». 
Le narrateur nous le dit : « on ne raconte pas tout à fait la même histoire lorsqu’on utilise des styles et des techniques différents. » En ajoutant au texte des illustrations humoristiques -qui par endroits s’émancipent du thème- Yann Fastier transforme le propos documentaire en un album vif, drôle et ingénieusement instructif.

 

L’ enfant qui n’aimait pas les livres / M. Winckler ; S. Sénégas. - Les Mots à l’endroits

Des livres, partout. Chez papa, imprimeur ; chez maman qui travaille dans une librairie de 18 étages ! “Un par catégorie de livres à vendre” ; à l’école ; à la maison... Mais Jérôme, s’il adore qu’on lui conte des histoires, déteste les livres. Le grand-père de Jérôme a une méthode sournoise mais efficace pour l’embarquer dans l’univers des mots et des livres. 
L’objet livre et l’histoire se confondent ici car l’album est conçu pour les enfants qui, comme Jérome, sont mal à l’aise avec le livre, car dyslexiques ou en difficulté de lecture. Format large, intrigue chapitrée, gros caractères... la lecture est grandement facilitée. L’enfant devrait donc prendre plaisir à cette histoire qui demeure légère et offre une place non négligeable à l’illustration expressive de Stéphane Sénégas.

 

Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore / W. Joyce ; Joe Bluhm. - Bayard. 2013

Morris Lessmore prend grand soin des livres, les répare, les ordonne, les raconte autour de lui. Après avoir lu tant et plus, Morris se plonge alors dans son propre livre et y consigne « ses joies et ses peines, tous ses espoirs et tout son savoir. » 
Une vie dédiée aux livres, au partage... Toute l’illustration vibre de cet amour de la littérature rendue très vivante, virevoltante.

 

Le géant et le vent / K. Verplancke ; E. Schelstraete. - Milan

Un géant, chassé de chez lui par la tempête, erre de par le monde pour trouver un foyer. « Ce n’est pas rien d’être un géant, et c’est même toute une histoire quand on n’est plus chez soi nulle part : sans toit, sans maison. » Mais il croise une petite fille elle aussi sans maison qui lui apprend une chose essentielle : « Un livre, c’est un toit, le début de l’histoire est au grenier, et son dénouement à la cave. Entre les deux, il y a la moitié du monde sur un millier de feuilles de papier : voilà ma maison. » 
Le livre comme refuge absolu, transposable dans 1000 univers...

 

Un livre pour Elie / N. Heidelbach. - Seuil

« Peuh ! Des livres pour enfants ». Sentence sans appel de Elie Jourdan lorsque Lea Lecoeur tente de lui faire partager sa passion. Mais Lea est persévérante, et maligne en plus de ça ! Elle arrive à l’asseoir devant un livre... Les cadres de l’illustration fondent, le texte disparait, restent nos deux personnages plongés dans une aventure extraordinaire. Mission réussie. De retour dans l’histoire du livre, Lea compte un nouvel ami et adepte des livres.

 

Le livre qui n’a jamais été ouvert / S. J. Ye ; O. J. Taek. - Autrement

Le vent souffle, ouvre et referme un livre (un livre qui n’avait jamais été ouvert) et en balaie les pages. Les animaux de la forêt s’en approchent, les uns après les autre ; une fillette s’en empare... et le livre prend vie ! 
Le va et vient indistinct entre l’histoire et les personnages et ceux qui la font exister -les lecteurs- met en évidence la magie de la création littéraire. 
Une mise en page très aérée ; des couleurs minimalistes (entre gris et sépia) ; une mise en scène poétique, énigmatique. Le tout au service de l’imaginaire.

 

Un livre, ça sert à quoi ? / C. Legeay. - Alice. - (Histoires comme ça)

Un livre ça sert à quoi... Qui ose poser cette question saugrenue ? En tout cas, certainement pas les deux héros de ce livre, un frère et sa petite sœur, qui sur chaque double page expérimentent les différentes joies que procure la lecture, des plus intimes aux plus exaltantes. Un livre sert à peu près à tout, en toutes circonstances, à tous les âges ! 
A noter dans l’image, les références à quelques classiques de littérature jeunesse. Intertextualité et intericonicité, quels meilleurs hommages à la lecture ?

 

Mauvaise caisse / O. Könnecke. - Ecole des loisirs

Une caisse pleine de vieux livres, de tous les genres, voilà qui devrait plaire à Fred. Déception : en général, ça commence bien mais très vite, Fred se lasse. C’est du moins ce qu’il dit parce qu’il s’avère être assez captivé pour faire abstraction de tout ce qui se passe -et il s’en passe !- autour de lui. S’il dédaigne finalement la caisse de livres, un autre personnage sera bien content de se l’approprier...

 

Ours qui lit / E. Pintus ; M. Bourre. - Didier

Ours est confortablement installé dans la douceur automnale de la forêt, plongé dans un livre. Il apprécie moyennement que renard vienne le déranger, est carrément excédé quand loup, cerf et tous les autres interrompent tour à tour sa lecture. Pour tous, une punition radicale ! Lapin, lui, a une approche différente, sait poser la bonne question et arrive même à lui faire lever le nez de son livre pour un brin de conversation... 
Sous ses airs de randonnée tranquille, cette histoire, aux accents cruels mais non dénués d’humour, distille quelques idées bienvenues : être "vrai" dans ses relations, refuser la fatalité, lire, encore et toujours... Martine Bourre illustre d’ailleurs à merveille cet ours dans toutes ses positions de lecture : assis, couché, à la renverse, vautré... Et comme toujours, elle manie avec brio textures et couleurs pour donner une incroyable présence aux personnages. Les nombreux détails -tel ce pictogramme en coin de page- viennent compléter le tableau. Un vrai plaisir, à lire et à relire ! (Et qu’est-ce que ça donne envie d’entendre le conteur Eric Pintus !)

 

Le petit royaume / J.-C. Mourlevat ; N. Claveloux . - Mango

La dynastie des Holund a toujours donné une place particulière au Livre et par là-même, su instaurer une paix durable. Mais Holund le grand n’a pas de fils et c’est le terrible Hagar qui prend sa succession. Lui ne sait pas lire, les livres seront désormais INTERDITS. Le jeune Bjorn lui fait un jour remarquer que ses exploits et sa gloire tomberont dans l’oubli s’ils ne sont pas consignés par écrit. Le livre et l’écrit rattraperont ainsi le guerrier... qui perd bientôt toute velléité de conquête ! 
Ambiance nordique pour un véritable hymne à la lecture.

 

La petite bibliothèque imaginaire / A. Serres et un collectif de 20 illustrateurs. - Rue du monde. - (L’atelier de l’imagination)

"Vivement que de tels éléphants existent vraiment." Voici ce qu’écrit le Nouvel Oups du dernier ouvrage de Martin Jarrie. Ouvrage qui n’existe pas, ou seulement esquissé par une couverture, un résumé et quelques articles critiques. 20 illustrateurs ont joué le jeu de ces albums imaginaires, portés par le texte d’Alain Serres.
Au lecteur de s’approprier l’univers suggéré et de le développer selon sa propre fantaisie.

 

Le roi et la grenouille / A. Chiche ; S. Diez. - Kaléidoscope

Un roi riche, si riche qu’il n’a plus rien à désirer rencontre une grenouille qui lui quémande un baiser pour briser le sort. Dégouté, le roi lion s’y refuse mais la grenouille n’est pas à cours d’arguments ! 
Une petite fable sur l’amitié, qui se joue des codes du conte, avec une chute inattendue invitant à la relecture. Simplicité du trait, dialogues incisifs pour une petite philosophie de vie.

 

Shéhérazade / B. Fontanel ; O. Balez. - Sarbacane

Shéhérazade n’a rien perdu de sa magie à captiver par les histoires, mais Shâhriar n’est plus son public privilégié. Si le texte joue sur une ambigüité qui nous transpose à la fois dans un univers de conte et dans une modernité toute proche, les illustrations d’Olivier Balez, elles, tranchent et dessinent la banlieue. C’est dans ce cadre que la belle Shéhérazade, dévoreuse de livres et d’histoires, va mettre en haleine son auditoire. 
Une figure mystérieuse que cette Shéhérazade des temps modernes qui utilise les histoires comme outil de liberté, ciment social et graine de savoir !

 

Si j’étais un livre / J. J. Letria ; A. Letria. - La Joie de Lire. 2013

Bel objet au papier épais pour un hommage au livre. Personnifié, il énumère tout le champ de ses possibles : « Si j’étais un livre, je serais un immense poème qui offrirait aux mots un sens inattendu » ; « ...j’aimerais avoir tous les visages que le temps voudrait bien me donner. » L’illustration exauce ces postulats dans une créativité et un esthétisme certains.

 

Tibert et Romuald / A. Jonas ; F. Crozat. - Milan

Romuald est un jeune souriceau qui a soif de découvertes. Il pense assouvir sa curiosité en se baladant dans les locaux de la bibliothèque mais ce qu’il découvre dépasse ses attentes : un livre peut servir à autre chose que de la nourriture, il contient des histoires passionnantes ! Cette révélation lui sera d’un grand secours lorsqu’il se trouvera nez à nez avec le très gourmand chat Tibert... 
Les personnages subjugués de François Crozat nous convainquent aisément du pouvoir des histoires.

 

Tu lis où ? /G. Collet ; M. Le Huche. - P’tit Glénat

Chacun a ses habitudes de lecture. Dans le bus, sous les draps, dans le bain... Les petits lecteurs ne manquent pas d’imagination ! 
Un hommage sympathique à la lecture non dénué d’humour.

 

6000 nuits / A. Borbé. - Naïve. - (Land)

A 16 ans, Esther, qui vit dans une cité dirigée par la main de fer duCommandeur, n’a jamais dormi de sa vie. C’est là la marque desBienveillants, qui, dans ce monde sans livres font acte de résistance et sont destinés à écrire des histoires qui seront ensuite distribuées sous le manteau. Suite à l’emprisonnement de son oncle, Esther va découvrir ce monde parallèle, qui n’est pas sans dangers… 
Un joli conte très agréable à lire. 
Autre lecture 
Dans un pays de conte où l’humeur des puissants est adoucie par la lecture de livres, un homme, pour se venger va réaliser un coup d’état et plonger la population dans la peur. Mais des conteurs renaissent et sont bien décidés, avec l’aide des livreurs et des relieurs, à redonner espoir et vie à ce pays. Un bon conte fantastique de 250 pages.

 

Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n’aiment pas lire ! / F. Boucher . - Nathan

On ne sait pas si le pari énoncé par le titre peut être gagné pour tous les livres mais il y a fort à parier que ce livre précisément devrait plaire : il fourmille d’arguments en faveur du livre et de la lecture mais sur un ton résolument léger. Sans se prendre au sérieux, l’auteure alternent slogans délirants et dessins humoristiques sans omettre pour autant de glisser des vérités !

 

Vert de peur / Plié de rire / R. Corenblit. - Rouergue. - (Boomerang)

Joseph se targue de n’avoir peur de rien, jamais. Même lorsqu’il est mis au défi, il s’en sort haut la main. Mais tête bêche, c’est une toute autre histoire qui est racontée, celle de Joseph qui pique une livre à sa sœur. Un livre « avec une couverture rose ». Et voilà notre Joseph invincible gagné par les larmes… 
Un roman à lire d’un côté puis de l’autre, pour mieux cerner les nuances d’une personnalité et le pouvoir des livres. 
Autre lecture 
Plié de rire : portrait de Joseph un jeune garçon qui n’a peur de rien. Non seulement les histoires horribles ne l’effrayent pas mais en plus elles le font rire et il va jusqu’à lui-même inventer des récits qui font peur ! Mais lorsque l’on retourne le livre, on est invité à découvrir un autre Joseph, vert de peur… en découvrant une autre sorte d’histoires… 
Un récit gigogne, qui peut se lire de différentes façons et se décompose en différentes histoires… Un bel exercice de jeux avec les mots et la littérature avec pour toile de fond l’indémodable thème de la peur ! Intéressant… 
« Se retrouver dans sa chambre sans lumière un soir de tempête, se perdre dans un magasin immense et ne plus retrouver ses parents, tomber d’une falaise haute comme la tour Eiffel ou se fracasser le crâne en chutant de son vélo, aucune de ces idées atroces ne le dérange. »
Autre lecture 
Le livre est à lire dans les deux sens : par quel côté commencer ? Si l’on commence par Plié de rire : un jeune garçon (Joseph) n’a peur d’aucune histoire qui effraie. On lit en même temps que lui quelques histoires mais rien n’affole Joseph à l’école. Il ricane plutôt. Sa bibliothèque ne comporte que des livres qui font peur et il les lit le soir dans son lit en souriant. 
De l’autre côté : Vert de peur. C’est le même personnage qui est le héros. Par hasard, il lit un livre rose de sa sœur et il a peur parce qu’il est seul. C’est une histoire d’amour et il est désorienté car il ne connait pas ce genre de relations : Mo, un jeune garçon, n’ose pas avouer son amour ! En fait, dans les histoires qui font peur, on sait que c’est pour de faux mais, dans les histoires de sentiments, c’est la réalité qui parle et Joseph, le crâneur, se retrouve seul face à une situation qui l’intrigue. 
Les couvertures sont intéressantes, déroutantes : on a des fantômes pour le titre Plié de rireet des cœurs roses et blancs pour Vert de peur. On est forcément intrigué et on a envie de lire la suite ! Le livre fait réfléchir sur les différents types d’histoires et aussi l’impact de la lecture. C’est une bonne réflexion pour les plus jeunes.

 

Victoria rêve / T. de Fombelle. - Gallimard

« Victoria avait toujours parfaitement fait la différence entre son imaginaire et la vraie vie. C’était même la conscience de cette différence qui lui faisait trouver la réalité si plate. » Or voici qu’un jour les livres que Victoria aime tant s’immiscent étrangement dans sa vie. Au point qu’elle ne discerne plus vraiment les limites entre réalité et imaginaire… Serait-ce parce que son quotidien lui-même se fissure, avec un père qui n’ose révéler son chômage ? 
Une histoire au charme étrange qui montre que les livres peuvent être tout à la fois refuge et vecteur de rencontres… 
Autre lecture 
Ceux qui ont l’habitude de lire Timothée de Fombelle ne seront pas surpris par les rêves de Victoria ni par la tournure que prend l’histoire et croiront sans souci à cette histoire d’indiens cachés dans le placard, de disparition par magie d’objets et de monde imaginaire qui débarque dans la vie de la petite fille de 12 ans. Pourtant le lecteur sera surpris car la vie parfois dépasse la fiction.... Voici un roman touchant, bien écrit comme tout ce que fait cet auteur et qui marque ceux qui ont la chance de l’empoigner.

 

Le coup de kif / G. Constant. - Oskar. - (La Vie). 2013

Karel a toujours été attentive aux mots. Pas pour être à la mode mais pour être précise, comprise. Lorsqu’elle rencontre Lucas, elle met du temps à trouver les mots justes pour décrire ce qu’il provoque en elle : "kiffe, c’est rapide, c’est agressif, et le désir c’est ça, une brulure qui monte en deux secondes et perfore l’estomac, genre ulcère des sentiments." Dans sa tentative d’approche du beau Lucas, Karel cheminera dans la relation avec sa mère, dans sa réflexion sur son avenir et vers la découverte de l’amour. Mais pas celui fantasmé… 
Un roman aussi intéressant dans sa forme (réflexion sur la langue) que dans le thème : la jeune fille dans l’exploration d’elle-même et des autres nous attache à sa singularité en quelques pages percutantes. 
Autre lecture 
Karel a le coup de foudre pour un nouvel élève de terminal. Elle va tenter de l’aborder par le biais de la lecture car elle a vu qu’il lisait Les yeux d’Elsa d’Aragon. Mais Karel est plutôtHunger Games. Il va lui falloir trouver un moyen de comprendre celui qu’elle kiffe. Or Lucas veut intégrer une prépa après le bac alors que la jeune fille ne s’est pas encore interrogée sur une éventuelle poursuite d’études... 
Récit d’une tentative de rencontre entre deux mondes que tout oppose mais aussi courte épopée d’une difficile conquête de soi. L’écriture, à l’image de l’adolescente, oscille entre plusieurs mondes, celui des adultes et celui des "jeunes". De très beaux passages et une fin ouverte. 
« ça n’a l’air de rien comme ça, mais je ne m’étais jamais retrouvée en panne de mots. Avec toutes ces manières de parler qu’on a, et même si, comme je l’ai déjà dit, j’avais une préférence pour le "courant", je croyais naïvement qu’on pouvait passer par tous les états et la ramener quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer coi. Et là, j’en étais réduite à sucer des miettes de chocolat avec, sur le bout de la langue, un mot qui ne voulait pas venir, peut-être parce qu’il n’existait pas. »

 

Douze minutes avant minuit / C. Edge. - Flammarion. 2013

Arachnophobes, n’ouvrez pas ce livre ! Car les araignées y tissent leur toile, instruments du dessein funeste de Lady Cambridge. Le venin des tisseuses de rêves, administré aux hommes, a le pouvoir de leur donner, lors de crises d’écriture forcenée, des visions du futur. En les collectant et les assemblant bout à bout, Lady Cambridge compte prendre le destin des nations entre ses mains et déterminer le cours du siècle à venir. Seule ombre au tableau, les hommes ayant bu le breuvage divinatoire sombrent dans la démence. Et même si Lady Cambridge a pris soin d’œuvrer dans un asile, l’étrange comportements des patients éveille bientôt les soupçons... Et c’est à Pénélope, jeune auteure talentueuse de 13 ans, qui écrit sous pseudonyme, de mener l’enquête et de résoudre cette histoire des plus étranges, digne de ses meilleurs écrits. 
Londres, fin 1899, est le décor de ce roman fantastique haletant. Nous y croisons H.G. Wells, A.C. Doyle et autres écrivains anglais, qui tous feront partie à leur insu du plan diabolique. Mais ils restent au final, grâce à notre jeune héroïne, dans leur rôle de garde-fou, de garant de la raison du peuple. 
Autre lecture 
Peneloppe Tredwell est non seulement un célèbre auteur d’histoires à faire peur, publiées sous le nom de Montgomery Flinch mais elle est aussi la propriétaire du magazine en vogue,le Frisson illustré. Seul problème, elle n’est encore qu’une toute jeune fille dans le Londres menaçant de 1899. Elle utilise donc un prête-nom dont elle affirme être la nièce afin de pouvoir mieux le diriger. Seulement cet homme se révèle être alcoolique et couard et tout se complique lorsque Montgomery est appelé en raison de ses capacités de déduction et de réflexion à comprendre pourquoi tous les pensionnaires de l’asile de fou de la ville, se lèvent tous les soirs, douze minutes avant minuit pour écrire d’étranges phrases... 
Cette étrange enquête policière dans l’Angleterre de la fin du 19ème siècle se double d’une réflexion sur la relation qui peut exister entre l’auteur et ses lecteurs. Dans une atmosphère sombre et angoissante, la courageuse héroïne va devoir découvrir l’origine de la folie intense qui peu à peu se répand dans les rues de Londres, au soir du réveillon, à la veille du changement de siècle. Nous croisons dans ce texte riche en intertextualité, Conan Doyle, H.G. Wells ou encore Rudyard Kipling, en prises avec le pouvoir des mots et de l’imagination... Suivons-les... 
« Si vous vous êtes fait un nom, ce n’est pas un coup de chance, mais grâce à votre talent purement éblouissant. Personne d’autre n’aurait pu raconter des histoires aussi terrifiantes. Nous n’avons pas besoin de connaître votre secret - nous devons seulement vous remercie de bien vouloir partager vos histoires avec nous. »

 

Echancrure / M. Le Bourhis. - Seuil. - (Karactère(s))

Un roman à 2 voix : Thomas est en LP, en rupture scolaire. Il adore les beaux livres (ceux de la Pléiade en particulier), les toucher, les sentir. Les voler aussi… Micheline elle aussi aiment les livres. Ils se rencontrent dans une librairie, une rencontre étrange et improbable... Lorsque la vie paraît toute tracée, perdue d’avance, des rencontres peuvent tout faire basculer. Ou non… 
Tranche de vie d’une adolescence qui sonne assez juste.

 

Encore heureux qu’il ait fait beau / F. Thinard. - Thierry Magnier

Contre toute attente, une classe de sixième et leur professeur de technologie se retrouvent à naviguer en pleine mer, sur une bibliothèque flottante. Les quelques adultes présents dont la bibliothécaire vont devoir organiser la vie puis la survie de leur équipage au cours de cette aventure qui ne manque pas de péripéties ! 
L’auteure décrit avec justesse ses personnages, des élèves à la femme de ménage. Et c’est avec plaisir que l’on vogue avec elle dans ce monde improbable ! Aventure et humour sont au rendez-vous. 
Autre lecture 
Alors que la classe de 6° et leur prof s’apprêtent à sortir, le constat est indéniable : la bibliothèque est entourée d’eau. A perte de vue. Ce qui veut dire que Sarah, la bibliothécaire, son responsable et tous les autres sont bloqués à l’intérieur du bâtiment. Il va falloir s’organiser, l’étrange phénomène se prolongeant, sans plus d’explication. Mais une bibliothèque est une mine : tous les ouvrages de naufrage et de survie sur les îles fourniront une base de connaissance solide que mettront en application enfants et adultes, dans une solidarité efficace. Les histoires du soir, elles, permettront de tranquilliser tout le monde… 
Une bibliothèque, comme arche de Noé d’une enfance qui se prend en main et révèle le meilleur d’elle-même.

 

Enfants de la forêt / B. Masini. - La Joie de Lire. - (Encrage)

Les journées se suivent, selon un rythme immuable : récolter des baies et des racines pour tenter de subsister ; prendre la pilule du soir pour s’endormir, pour oublier. De fait, le résultat est impressionnant : aucun des enfants présents à la Base ne se souvient de quoi que ce soit. Sauf Tom, qui ne prend plus ses pilules et qui, ayant trouvé un recueil de contes, reprend conscience d’un certain nombre de choses : des souvenirs remontent à la surface, une réflexion commence à poindre sur ce qu’il l’entoure. Lorsque les compagnons de son Abri découvrent son trésor, ils demandent à partager ces temps d’histoires. C’est le point de départ de leur libération. Ils s’échappent dans la forêt et apprennent à vivre par eux-mêmes. 
Un récit de Science-Fiction post-nucléaire qui montre l’ébauche d’une société d’enfants autonomes, les Enfants de la Forêt. Ils réapprennent ensemble les liens d’humanités. La fin paraît un peu rapide, qui sépare les enfants mais les réconcilie avec le monde des adultes. 
Autre lecture 
Des enfants sont parqués dans une réserve suite à une catastrophe nucléaire. Les rares parents qui se présentent ne sont plus en mesure de reconnaître leur enfant tant l’état de délabrement et de retour à l’état sauvage des enfants sont grands. Mais point de misérabilisme dans ce conte poétique et étrange. Un groupe mené par une fille et un garçon vont choisir la fuite pour mieux réapprendre à vivre. Plus de questions que de réponses dans ce livre envoûtant qui peu à peu nous entraîne...

 

Holden, mon frère / F. Chiarello. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Kevin se sent si différent de sa famille… Seule sa petite sœur trouve grâce à ses yeux. Et ça ne va pas s’arranger quand, ayant fait la connaissance d’une super mamie et d’une intello à la bibliothèque, il s’intéresse à la littérature. Encouragé et soutenu par Irène et Laurie, il s’épanouit, s’affirme, se révèle. Et l’accueil dans sa famille et à l’école n’est pas celui, redouté, de paria intello … 
Une histoire un peu rapide dans la transformation de Kevin en lecteur passionné, imputable sans doute au pouvoir du livre : Les SchtroumpfsL’attrape cœursFrankie Adams... Une intertextualité intéressante et variée ! 
Autre lecture 
Quelle honte d’être aperçu en train de lire un livre ! Seulement, la bibliothèque est le seul endroit du quartier où se réfugier... Kévin y fera des rencontres qui vont changer sa vie, dans les rayonnages et dans la salle de lecture ! Mais comment réussir à cacher à sa famille sa nouvelle occupation ? 
De la lecture des Schtroumpfs à celle de l’attrape-coeurs, c’est en réalité un voyage initiatique qui est proposé au héros. Une éducation pour mieux réussir à vivre sa vie. A commencer par se moquer du regard des autres...

 

Ma / L. Atangana. - Rouergue. - (DoAdo)

Félix aime sa mère plus que tout. Même si celle-ci ne le comprend pas toujours, notamment à propos de sa soif de lecture et de connaissance. Mais tous les deux ont une relation très forte, attentionnée. Peut-être est-ce parce que Ma voulait tellement un enfant, et qu’elle n’a pas pu. Alors elle a volé Félix dans un orphelinat... Lui qui veut tellement partir voir le vaste monde, comment pourrait-il se résoudre à la quitter... Et voilà maintenant qu’il rencontre Magali, farouche et envoutante. Qui elle aussi, par son histoire douloureuse, créé des liens dorénavant impossibles à trancher. Si Félix ne peut partir, les livres seront-ils suffisants pour lui permettre de s’échapper ?

 

Un papillon sauvage / J. Ecormier. - Océan. - (Ocean Fiction Ado)

A 93 ans, Miky fugue de la maison de retraite pour se rendre à la bibliothèque municipale où il a rendez-vous avec son enfance. Il se souvient plus particulièrement de l’été de ses 14 ans qu’il avait dû passer à la bibliothèque à résumer des livres sous la garde de l’affreuse Madame Foinsec pendant que ses copains « s’éclataient » à la piscine. Jusqu’au jour où il découvre un titre palpitant Les mines de Galforquin… Dans le même temps, il fait connaissance avec un « rat » de bibliothèque qui s’avèrera être un personnage de fort bon conseil. 
Du suspense dans ce récit très accrocheur, riche en symboles divers et qui prend une tournure de conte initiatique. L’auteur utilise de superbes métaphores pour incarner les étapes de la vie, ce qui ajoute une touche de poésie à un très beau texte. Le héros est émouvant tant en adolescent crâneur et arrogant, (seule défense qu’il a trouvée pour assumer l’absence de son père) qu’en vieillard repenti mais toujours rebelle. Il est temps de savoir qui était ce père et l’on n’est pas déçu par la fin ! 
Un récit parfaitement construit et un vrai plaisir de lecture.

Date de dernière mise à jour : 02/11/2015