Adoption 6-9 ans

Adoption 6-9 ans

Les 2 anniversaires d’Ariane / Jee-Yung ; Y. Nascimebene

L’origine de l’enfant : L’auteur raconte sa propre histoire. Ce n’est pas mentionné dans le texte mais on sait qu’elle est coréenne. 
Les étapes de l’adoption : La solitude et le manque, de par et d’autre, l’attente, puis l’enveloppe qui arrive chez les parents adoptifs. Et enfin le voyage de Jee-Yung dans le "grand oiseau de fer" au terme duquel elle deviendra Ariane. 
La filiation : Aucune mention des parents biologiques. Le jour de son arrivée chez ses parents adoptifs est un jour anniversaire, son deuxième anniversaire, pour fêter “le souvenir de ce jour où elle était à nouveau née d’un oiseau de fer pour faire d’eux une famille.” 
Les phrases clés : “Elle sut tout de suite que leurs vies étaient liées et que leurs coeurs se répondaient parfaitement.” 
Remarques : Magnifiques illustrations de Yan Nascimbene.

Allison / A. Say. - Ecole des loisirs

L’origine de l’enfant : L’Asie, "de très, très loin, d’un autre pays".
Les étapes de l’adoption : Brièvement évoquée par le père adoptif : "Ils ne pouvaient pas s’occuper de toi, mais ils voulaient que tu aies une mère et un père"
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Question centrale dans cet album. "Elle serra (sa poupée) Mei Mei dans ses bras et approcha sa tête de la sienne. Elle vit que les cheveux de Mei Mei étaient noirs et raides, comme les siens. Ensuite, Allison regarda sa mère et son père. Son sourire disparut.[...] Il en ressort une grande solitude teintée de jalousie par rapport aux autres d’enfants de l’école qui eux ressemblent à leurs parents.
Le sentiment d’abandon est fortement exprimé : "Où est ma maman ? Où est mon papa ? dit Allison en pleurant. Ils ne voulaient pas me garder ? demanda Allison.[...]" - "Allison ce n’est pas mon vrai nom."
La filiation : Les parents adoptifs d’Allison ont inscrit leur fille dans leur histoire, ils lui ont offert leurs souvenirs d’enfants - le clown, Andy et le gant de base-ball.
Le trouble identitaire d’Allison ne s’estompera que lorsqu’elle même adoptera un chat : "On dirait que la famille s’agrandit."
Les phrases clés : "Ca m’est égal. Tu n’es pas ma maman ! s’exclama Allison."
Remarques : Le réalisme de la situation est renforcé par les illustrations (moues et expressions d’Allison).

D’un monde à l’autre / D. M. Scotti ; J. P. Kalonji. - La Joie de lire

Un petit garçon adopté découvre grâce à son grand-père quelques coutûmes du monde liées à l’adoption. Un regard anthropologique et positif.

Jujube / A. Wilsdorf. - Kaléidoscope

L’origine de l’enfant : inconnue
Point de vue exposé : la fratrie
Les étapes de l’adoption : Dans la forêt, Fafarina sauve le bébé menacé par un boa. Elle le ramène à la maison, mais sa mère ne veut pas du bébé. Les frères et sœurs vont faire pression pour que la famille adopte ce bébé.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Le bébé est blanc, la famille, noire, personne ne considère cela comme un problème. 
La filiation : Jujube a de nombreux frères et sœurs qui se mobilisent fortement pour son adoption.
Les phrases clés : "Maman répète sans cesse que ses enfants sont ses trésors, ses plus beaux bijoux, ce qu’elle a de plus cher au monde."
Remarques : L’enfant blanc est adopté par une famille noire, la fratrie se mobilise pour l’adoption, les stéréotypes sont renversés.

La nuit où je suis née / J. L. Curtis ; L. Cornell. - Mango jeunesse

L’origine de l’enfant : Non précisée, on s’y rend en avion...
Les étapes de l’adoption : Ces étapes sont racontées à la demande de l’enfant. " Raconte-moi aussi quand le téléphone a sonné en pleine nuit pour vous annoncer que j’étais née et que vous pouviez venir me chercher." L’enfant demande à ce qu’on lui raconte toutes ses premières fois.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Ce point n’est pas évoqué comme un problème. "Répète-moi que j’étais la plus belle et la plus parfaite."
La filiation : "Explique-moi pourquoi tu ne pouvais pas avoir un bébé dans ton ventre. Parle-moi encore de cette maman qui m’a mise au monde. C’est parce qu’elle ne pouvait pas s’occuper de moi que vous m’avez adoptée ?". Dans l’album on trouve une représentation de l’arbre généalogique de la famille. De nombreuses références sont faites à "papy" et "mamy" et l’auteur a différencié papa et papa de naissance ainsi que maman et maman de naissance.
Les phrases clés : "Raconte-moi encore la première fois que tu m’as tenue dans tes bras en m’appelant "trésor". Tu pleurais ? On peut pleurer quand on est heureux ?"
Remarques : La stérilité du couple est affichée comme la raison de l’adoption. L’adoption est envisagée à travers les questions simples d’une enfant. Ambiance gaie et pleine d’humour.

Maki Catta / L. Coulombier ; M. Madoré. - Océan

L’origine de l’enfant : Maki Catta porte le nom d’une des espèces de lémuriens originaire de Ranomafana (Madagascar). 
La question de la ressemblance : "La ressemblance n’est pas frappante..." C’est à cette phrase, en troisième page, que l’auteur amorce l’histoire de Maki Catta et raconte comment il a été adopté. 
Les étapes de l’adoption : Un terrible incendie dévaste le coin de forêt où sa famille est installée, Maki Catta, pour sauver sa peau, fuit et rejoint la terre d’Isalo. Il a perdu tous les siens, ne se sentira accepté par sa nouvelle famille que lorsque l’insécurité qui le mine sera balayée par l’amour de ses parents adoptifs. 
La filiation : “Nous le portons en nous. Mais nous ne l’avons pas mis au monde. Je voudrais tant qu’il comprenne (...) qu’il est autant ton fils que ses cousins sont les fils de ta sœur.” 
Les phrases clés : 
“Si le cœur d’une maman est assez grand pour aimer deux enfants, pourquoi le cœur d’un enfant ne pourrait-il aimer deux mamans ?” 
“C’est ainsi que l’orphelin de Ranomafana, le cœur brûlé mais ressuscité, adopta ses parents de l’Isalo.” 
Remarques : Album fort au langage recherché, aussi drôle que poignant. L’humour se niche jusque dans les courtes biographies des auteurs. A noter une page documentaire sur les lémuriens.

Mee, petite fille du matin calme / M.-F. Chevron ; A. Domergue. - Limonade

L’origine de l’enfant : On sait que Mee signifie beauté en coréen. 
Les étapes de l’adoption : “Mee a grandi sans famille. Seul un arbre veille sur la petite fille. Un jour, l’arbre lui souffle : - Il te faudra partir bientôt, petite Mee. Il y a une maman et un papa rien que pour toi, qui t’attendent loin d’ici.” 
“Mee a trouvé son papa, Mee a trouvé sa maman, ses parents qui l’attendaient depuis si longtemps” 
La filiation : “Peu importe où tu vas, mais emporte avec toi tes rêves et un peu de mes racines, qui sont les tiennes aussi.” 
Les phrases clés : “Mee, belle, belle petite fille, née une deuxième fois.” 
Une métaphore poétique de l’adoption, toute en douceur.

Moi aussi, je veux une maman / M. Boom ; H. Wilson. - Nord-Sud

L’origine de l’enfant : Elle vient d’un pays où il semble faire très froid l’hiver et d’où l’on vient en avion...
Les étapes de l’adoption : On assiste à l’attente de l’enfant à l’orphelinat, le froid, la faim et enfin la demande de ses parents adoptifs et le départ pour une nouvelle vie.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Lors de sa première nuit dans sa nouvelle maison, Lara fait un cauchemar et se réveille. "Peu à peu les souvenirs reviennent : l’avion, la maison, les deux personnes qui l’attendaient. Où sont-elles ? Vite, elle saute du lit et les cherche partout."
La filiation : Laura n’est pas dans le questionnement du passé mais dans la préoccupation de l’avenir. "Il ne manque que des enfants pour jouer avec moi, songe Lara, mais elle ne dit rien." "Lara est très heureuse chez ses nouveaux parents qu’elle appelle désormais papa et maman."
Les phrases clés : "Lara saisit un morceau de saucisson sec, une pomme et un bout de pain dans la cuisine et les fourra dans ses poches.[...] Qui sait quand j’aurai à manger la prochaine fois ?".
"- Je veux rester ici, tu sais maman, pour toujours. Sa maman la serra dans ses bras. - Et moi je veux te garder pour toute la vie, ma chérie."
Remarques : Différents sentiments cohabitent et traduisent bien les interrogations d’un enfant qui découvre un nouvel univers et de nouveaux référents.
Mise en valeur des sentiments d’une enfant récemment adoptée et qui véhicule un lourd passé ; grande lucidité de sa part. Le rôle du petit voisin souligne la capacité d’adaptation des enfants.

 

Moun / Rascal ; Sophie. - Ecole des loisirs. - (Lutin poche)

Point de vue exposé : Narrateur extérieur
L’origine de l’enfant : Un pays en guerre de l’autre côté de l’océan.
Les étapes de l’adoption : Les causes de l’abandon, l’arrivée de l’enfant, l’évidence de cette rencontre avec ses nouveaux parents, la vie heureuse, Moun grandit, on lui explique son adoption. 
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Elle a les yeux bridés, mais cette différence n’est pas évoquée comme une difficulté. "Moun était triste et heureuse à la fois. Quand les jours étaient trop gris, elle ne pouvait s’empêcher d’en vouloir à la guerre et à ceux qui l’avaient mise au monde, puis confiée à l’océan... mais au fil du temps, Moun se rendit de plus en plus souvent au bout de la jetée. Elle savait à présent que de l’autre côté de la ligne d’horizon, on l’aimait aussi."
La filiation : Référence aux parents biologiques : "... ceux qui l’avaient mise au monde". "Il (son père biologique) y déposa leur premier enfant et leurs derniers espoirs."
Référence aux parents adoptifs : "Ensemble, ils coupèrent le cordon qui enlaçait la boîte. En découvrant le bébé aux yeux d’amande, ils surent que Moun serait leur premier enfant." "Elle devint l’aînée de quatre frères et sœurs."
Les phrases clés : "Lorsque Moun poussa son premier cri, la guerre ne se tut pas." La cause de l’adoption est clairement évoquée : "Moun ne devait jamais se souvenir de son long voyage, des larmes et du fracas des bombes."
Remarques : Texte et illustrations remarquablement épurés.

 

Nina a été adoptée / D. de SaintMars ; S. Bloch. - Calligram. - (Ainsi va la vie)

L’origine de l’enfant : Pologne
Les étapes de l’adoption : Nina raconte à ses camarades comment ses parents sont venus la chercher à l’orphelinat.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Acceptation réciproque ne posant aucun problème ; les camarades considèrent même que Nina ressemblent à ses parents adoptifs.
La filiation : Référence à la mère biologique : "(Ma mère) n’a pas pu faire autrement... Avec mon père, ils n’étaient sans doute pas prêts pour avoir un enfant."
Référence à la mère adoptive : "Elle m’a portée dans son coeur. Ils ne pouvaient pas avoir d’enfants."
Les phrases clés : "Elle m’a confiée pour que je sois adoptée par une famille où je serais plus heureuse et où je pourrais aller à l’école..."
Remarques : Parallèlement à l’histoire de Nina, les craintes de Max et Lili d’avoir été eux-mêmes adoptés.

 

Peut-être trois, cinq, dix... / M. Balcou ; R. Francès. - Ibis rouge éditions. - (Tropicante)

L’origine de l’enfant : Madagascar
Les étapes de l’adoption : Abandon de Suzanna par 2 fois avant d’être adoptée. Elle a toujours su qu’elle l’avait été mais attend l’"âge de raison" pour avoir davantage de détails. 
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : "De tout façon, tu n’es pas d’ici ! Ca se voit bien. Regarde ta peau et tes tresses... Et tes yeux en amande !"
La filiation : "J’ai compris qu’on pouvait avoir deux mamans dans la vie (...), je me suis demandé si on avait le droit d’en avoir plus que deux. Peut-être trois, cinq, dix..."
Les phrases clés : "J’ai découvert qu’on pouvait être heureux quelque part tout en aimant deux pays en même temps. Et peut-être même plus. Trois, cinq, dix..."
Remarques : Un des rares ouvrages où l’enfant sait depuis toujours qu’il a été adopté mais exprime un jour le souhait d’aller dans son pays. La présentation peut paraître austère mais le contenu est très chaleureux.

Date de dernière mise à jour : 03/09/2015